
"Je marche doucement. Mes battements de cœur lent laisse ma respiration de glace, presque inexistante. Mon sentiment ne s’exprime pas avec des mots. Je laisse de douces traces humides dans la neige froide fraichement tombée. Une larme brulante coule le long de ma joue, laissant une marque de feu extrêmement douloureuse mais une expression de marbre sur l’homme que j’ai suivi. Je me rappellerai toujours de son mouvement fluide mais tellement agressif de main. Il me dépasse d’un pas léger, grognant, et maugréant des insultes dans sa langue natale. Il se retourne me jette un coup d’œil stricte et sans aucun sentiment de compassion. Je ne sais pas trop comment réagir, je veux paraître dure, sûre de moi. Je lui rend son regard… Je le fixe pendant un seconde, lui, cet homme qui est mon maître, mon instructeur, et je crache à ses pieds! Il s’arrête brusquement. Jette un regard dédaigneux à ma sécrétion et s’avance vers moi. Il me regarde, moi, l’élève qui lui doit 4ans d’obéissance pour apprendre à devenir comme lui. Son apprentie, son élève, son suivant, son héritière, peut importe le nom que l’on me donne. Il plonge son regard dans le mien. Celui qui, une minute plus tôt était froid est à présent plus doux, plus songeur. Dans les grandes sphères noires encerclées par un cercle marron, je lis une profonde… Comment dirais-je? Compréhension. Il passe ça main sous mes cheveux, caresse mon coup et se glisse vers mon oreille. Il me chuchote sur un ton proche du silence : « Le savoir est quelque chose qui s’acquière avec douleur, souffrance et temps. Devenir une ombre est une tâche longue, pleines d’embuches qui te casseront bien plus qu’un poignet. Ne prend plus jamais le risque de dévoiler aux autres se que tu es ou se que tu souhaite devenir. Ombre de sois est un mot inconnu, qui ne s’écoute pas, ne se dit pas, ne se lit pas, mais se sent, se sent seulement. La mort doit ignorer ta présence ainsi que la lumière, les personnes qui t’entourent et le monde qui t’entoure, tu dois être ignorée. ». Je baisse les yeux, symbole d’impuissance devant cet homme. Devenir une ombre de sois… devenir une ombre… être le contraire de la lumière… le symbole du silence… le contraire de la mort… le supérieur de maître… Je replonge avec courage mes yeux dans ceux de maître Kaldvann. Il doit avoir trente ans peut-être? Je rêve d’être comme lui, d’avoir ça foie en mes pas. Je ne veux plus me retenir. J’éclate! Mes sanglots rauques remontes ainsi que de nombreuses l’armes. Il me sert dans ses bras. Je ne m’en doute pas mais, je suis entrain de vivre le seul moment où Kaldvann fera un geste d’affection. Il me passe sa main droite sur mon œil gauche. Je sens comme une petite lame qui me grave quelque chose dans la peau. Ca pique, ça brûle, ça me démange. Il écarte sa main jusqu’à caresser mes oreille si longue à son goût. « Symbole de ton imagination et de créativité je t’offre cette marque. Elle te rappellera d’où tu viens et comment tu y es venue. Courage plus que trois ans ma chère élève... ». Nous recommençons à marcher. Je réfléchis… Dès mes dix-sept ans je pars. "
.
Journal intime d’Hesprie Kabviness
Elève Ombre
auprès de Kaldvann
Jeudi 5 mars 2009
Davanf
Haut du Mont d’Ascranvf
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire