Elle était assise sur le muret, les genoux repliés contre sa poitrine. Elle ne pleurait pas mais ses yeux étaient loin d'être sec. Aucun dessin, aucune photo ne pourrait montrer l'émotion de cette scène. Elle d'habitude si forte, était démolie, elle n'avait plus de raison de se tenir debout. Il faut vraiment vouloir être seul pour aller au balcon du dernier étage, déjà les gargouilles y sont on ne peut plus effrayante et la hauteur ferait pâlir n'importe quel alpiniste. Mais elle, pourquoi aurait-elle peur? Qu'es qui pourrait être pire que se qu'elle vivait en se moment?
Je me suis approché d'elle sans vraiment faire attention au décor, je suis trop vieux pour affronter de telles sculptures. Parmi tout mes élèves elle avait était la seule à oser me dire que mon raisonnement était égoïste, une vraie petite battante. C'était pour ça qu'elle était venue au lycée d'Arball, pour devenir guerrière et défendre son peuple de son sang. Si jeune et déjà si engagée. Je ne l'ai jamais vu hésiter, même pas une fois, ni même réfléchir, elle semblait toujours savoir se qui devait être fait.
Moi elle me faisait peur. Si elle se penchait de quelques centimètres elle tomberait dans le vide et mourrait.
_ Ma petite que fais tu ici?
Lui demandais-je. Évidemment je connaissais parfaitement la réponse. Elle faisait parti de ces gens qui préféraient guérir leurs blessures seul.
_ Professeur?
Sa voix était rauque, inintelligible. Je ne perçu pas de surprise dans son attitude. Je me suis dis que la phrase que j'allais lui dire serait la seule à être écoutée, il fallait bien la choisir.
_ Certaines blessures sont très longues à guérir, celle-ci en fait partie.
Comme je m'en doutais, elle se leva de son muret et sauta à côté de moi.
Je remarquais encore la largesse de ses épaules et la longueure de ses jambes. Elle avait la parfaite carrure pour être guerrière ainsi que la parfaite façon de penser. Je ne l'avais jamais vu dans ce genre de tenue, elle portait une robe noire décorée de dentelle. Sans doute la robe pour l'enterrement!
Maintenant encore le geste qu'elle fit me trouble. Elle me serra dans ses bras. Une étreinte longue et pleine d'émotions. Moi un professeur qu'elle connaissait à peine, un professeur qui ne l'avait pas souvent écoutée.
_ Je vais partir. Me chuchota t'elle, Je vais partir loin de cet endroit!
_ Tu laisse tomber ton rêve?
Elle s'éloigna doucement de moi. Je n'arrivais plus à la reconnaître, plus rien n'était pareille, je ne parlais pas simplement de sa tenue mais également de sa façon de marcher, de sa façon de me regarder, elle n'avait plus aucune de ses caractèristique, sa force, sa volonté... son pouvoir de toujours se relever.
Bien sûr je sais que pendant la jeunesse tout le monde change, on est jamais toute sa vie le même.
_ Ce n'est pas mon rêve, c'était notre rêve! Sans lui je ne veux plus le réaliser.
Je la revis à l'enterrement mais jamais plus depuis. On m'a un jour raconté qu'une femme de 20ans avait assassiné toute une meute de gobellin, la même meute qui avait tuée un élève d'Arball il y a cinq ans. Je suis sûr que quelque part elle attend en haut d'un arbre de le rejoindre dans les nuages, tel qu'est écrit sur la tombe de Nathan Kaynyah.
mardi 6 octobre 2009
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Magnifique texte... HiphiphipHourra pour la plus douée des elfes =))
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